Alexandre Volguine et l'ésotérisme de l'astrologie

· De l'astrologie découlent la mantique, les mathématiques, la géométrie, la musique, eux-mêmes source d'autres arts tels que l‘architecture et la navigation.
· L'alchimie, art qui se consacre à la transformation de la matière, génère le travail des métaux, la pharmacie, la médecine, l'orfèvrerie, la cuisine, la préparation de teintures, la fabrication du verre ou de la porcelaine. Cette science hermétique s'étend de la simple fabrication de pierres artificielles aux mystères de la pierre philosophale et des alchimies internes.
· La magie, art d'utiliser les énergies du monde, étudie les effets du son, des parfums, des couleurs, des schémas ; de la simple physique aux techniques de communication avec les dieux ou les hiérarchies célestes. La production d'outils mécaniques comme les automates, les avions, les automobiles, les ordinateurs, relève de l'antique magie.

Alexandre Volguine avait écrit « si l'on me demandait quelle est ma religion, je répondrais : l'Astrologie ». Il avait saisi la sacralité de l'astrologie. Il avait renoué avec le rôle - quasi sacerdotal - de l'astrologue antique.

Il considérait l'homme dans sa globalité, dans ses trois dimensions : physique, psychique et spirituelle. Dans le thème, Alexandre Volguine voyait toutes ces dimensions. Vers la fin des années 60, il assista aux ruptures provoquées par des astrologues qui réduisaient l'homme à ce qui se passe entre ses deux oreilles. Il percevait que, à l'instar du freudisme qui influençait ces livres, ce qu'on nommait le haut n'était que la sublimation - ou la projection - du bas. L'Art était décapité, sa sacralité objective était détruite.

La liste des livres publiés par ses Editions des Cahiers Astrologiques est éloquente. De son édition des rituels de Cagliostro à celle de manuels de magie salomonienne, une bonne moitié échappe à l'astrologie, au sens technique du terme. Ses propres ouvrages vont de l'ésotérisme pur à la compréhension hermétique des règles astrologiques.

Enfin, une étude serait à préparer sur les rapports de Volguine avec le monde de l'occultisme et des ordres initiatiques. Ses Cahiers Astrologiques regorgent de notes et de remarques sur ces sujets.

L'ésotérisme de l'astrologie

En 1953, Volguine publie L'ésotérisme de l'astrologie. Cet ouvrage contient des réflexions sur l'ésotérisme de notre art. L'ouvrage étant introuvable, voici quelques extraits. Ils proposent des pistes aussi utiles aujourd'hui qu'elles l'étaient il y a un demi-siècle. Le titre précédant chaque extrait est issu de ma plume.

De la solidarité entre le Tout et les parties

En revenant à l'Astrologie, on peut dire que pour nous les astres apparaissent comme des corps qui nous sont étrangers et lointains, émettant des vibrations que nous subissons contre notre volonté ; pour les Anciens, les planètes étaient des forces vivantes qui faisaient partie de l'homme, des forces qui bourdonnaient dans leur subconscient et dont ils ressentaient les pulsations dans leur corps, dans leur être intérieur, comme nous sentons, par exemple, les pulsations de notre coeur et les mouvements de notre sang. Ce sentiment de l'Astrologie a dépassé le monde antique. On le trouve encore chez quelques mystiques des siècles derniers. Gichtel, par exemple, voit dans les planètes les démons qui nous font succomber à tous les péchés mortels, et qui agissent sur notre caractère intérieur. Catherine Emmerich voit les planètes comme des formes extérieures et intérieures à la fois. Quand il s'agit d'une compréhension pareille de l'influence astrale, l'Astrologie n'est plus une science abstraite de vibrations cosmiques comme elle le paraît aux modernes, mais une science de l'âme, une science de tout ce qui existe, la première science humaine et la plus haute. En étudiant l'Astrologie antique, ce sentiment de la solidarité universelle, de la solidarité d'une partie et du Tout, ce sentiment de l'harmonie cosmique ne devrait jamais être perdu de vue. Ce sentiment fournissait les principes mêmes de la science astrologique des Anciens, et comme ce sentiment n'existe plus chez nous, ces principes sont évidemment perdus, du moins en partie. (pages 11 et 12).

De l'interprétation des phénomènes atmosphériques

Dans tous les pays anciens, certains phénomènes atmosphériques faisaient partie de l'Astrologie. La couleur du ciel, la visibilité des étoiles, même le climat du pays étaient pris en considération dans les études astrologiques. Même de nos jours, les astrologues chinois disent qu'un enfant né sur l'eau ne peut pas recevoir la même ambiance cosmique et, par conséquent, avoir le même destin qu'un enfant né au même moment sur la terre… Les astrologues orientaux qui conservent encore quelques données de l'Astrologie ancienne, prennent en considération les conditions atmosphériques de la naissance. (page 15)

Méditation pour astrologues

Pour comprendre les représentations anciennes des forces planétaires, il nous faut rejeter l'intellectualisme, notre mode de connaissance mentale et descendre en nous-mêmes. Fermez les yeux, videz votre cerveau d'une mentalité presque totalement faite d'amalgame de lectures, de phrases entendues, de préjugés et plongez-vous dans ce monde inconnu et obscur qui contient les mouvements intérieurs de votre nature émotive. Méditez ou plutôt « sentez » l'Astrologie. Au bout de quelque temps, vous commencerez à sentir les formes intérieures planétaires, les formes basées sur les corrélations plutôt émotives que logiques et qui peuvent être comparées aux associations d'idées et d'images en état de rêve, relevées par la psychanalyse. Ce travail intérieur de descente en soi n'est pas une invention personnelle ; il se rencontre sous des formes différentes dans presque toutes les écoles ésotériques, ce qui explique pourquoi on y trouve encore des adeptes dont le sentiment intérieur du monde se rapproche de celui des Anciens...C'est justement la connaissance par le cœur qui nous permet de saisir les formes planétaires vues par les Anciens… Fixons notre volonté sur le soleil, rejetons tout ce que nous avons appris de l'astre du jour. Dans notre esprit, il n'est pas question de distance, de masse, de rotation ; il n'y a pas de taches qui occupent tant les cosmobiologistes, ni de plages faculaires, ni de spectri-hélioscope. Nous sommes dans le « magma » psychique d'où nous sommes sortis, qui est nous-mêmes et que nous connaissons beaucoup moins bien que l'analyse spectrale d'une étoile quelconque. Notre première impression intérieure sur le soleil sera d'une boule chaude et claire qui contraste avec nos ténèbres intérieures, d'un nuage plutôt que d'un globe net, ses limites n'étant pas tracées et donnant le pressentiment d'être mouvantes, ce qui ne diminue nullement la netteté du contraste de clarté blanchâtre du soleil et du monde psychique, contraste qui nous donne l'image de l'Yn-Yang qui réalise à lui seul l'Unité universelle (Pau-Hou) de la lumière et des ténèbres. Ce contraste ne fait pourtant pas la dualité : les ténèbres sont senties comme la contrepartie de cette boule qui fume, de ce nuage clair… Cette boule chaude est en mouvement. Vous la sentez vous chauffer, faire corps avec vous, être votre cœur. Ses limites n'étant pas nettes, elle vous paraît à la fois ainsi qu'une roue qui fume et pareille au dragon blanc, le dragon céleste « qui est l'esprit de changement ». La forme solaire (comme d'ailleurs toutes les formes planétaires) est mouvante ; une couleur blanchâtre la domine, sorte de fumée pareille à celle qui sort des narines du dragon ou qui ferait songer aux chevaux blancs d'Apollon. Dans le « magma » de votre conscience, Dragon, Cheval et Licorne ne sont qu'un seul être. De même, d'ailleurs, que dans le symbolisme où la même force solaire lie ces trois animaux sacrés. Chaque planète est « sentie » de façon différente. Saturne pèse, alourdit, refroidit, donne l'impression d'être un morceau de charbon qui a pris des milliards d'années pour se former et qu'il est plus difficile d'allumer que du bois attribué par les Chinois à Jupiter. Mars fait penser à la lueur rouge qu'on perçoit à travers les paupières fermées, quand on regarde le jour ; il fait sentir le mouvement du sang simultanément dans tout le corps. La lune donne l'impression de sortir de l'eau, encore tout humide, d'avoir la peau lisse et légèrement froide, de sentir à la fois une impression de repos et de fatigue analogue à celle qu'on peut éprouver après un bain prolongé. Ces formes planétaires, comme tout ce qui appartient au monde invisible, ne peuvent être transmises par des mots. Elles devraient être vécues et senties par chacun de ceux qui veulent suivre la voie astrologique, en pénétrant, comme les Anciens, la vie de l'Univers. (pages 18 à 21)

Qu'en est-il du zodiaque ?

… le procédé décrit dans le chapitre précédent, a été employé en ce qui concerne les divisions du Zodiaque, avec toutefois cette différence que les signes zodiacaux ne donnent pas la même impression intuitive que les planètes : ils appartiennent exclusivement au plan intellectuel. Alors que le soleil et Mars chauffent et la lune donne la sensation générale de l'humidité, la perception intérieure des signes zodiacaux laisse l'individu indifférent, tel qu'il était avant son « plongeon » en soi. On « sent » qu'ils appartiennent à un autre « monde », à un autre plan que les planètes : l'intuition du signe du Lion, comme une sorte de champignon brillant et rond, comme une explosion atomique, est purement intellectuelle, tandis qu'Uranus, par exemple, est souvent « senti » comme une espèce de « spasme » plutôt douloureux suivi de dilatation amenant un bien-être. Les images zodiacales comme la perception de cette « explosion » léonine, laissent l'âme toujours indifférente. (pages 25 et 26)

Les deux courants de l'astrologie sacrée

En effet, l'Astrologie sacrée, inséparable de la religion extérieure et de l'Esotérisme, apparaît dans le recul de l'histoire comme provenant de deux courants d'idées aussi distincts que les formes planétaires et zodiacales :
1. courant calme, intellectuel, presque rationnel dont la principale place est occupée par le Zodiaque et les étoiles fixes ;
2. et courant ardent, sentimental, mystique, provenant du souvenir d'une catastrophe soudaine et donnant, de ce fait, la première place au Soleil. Sa disparition brusque…repousse au second plan tous les autres facteurs célestes et aboutit à son adoration. Les compagnons du soleil, c'est-à-dire les planètes, occupent à sa suite la place prépondérante. (page 30)

Les dieux et les diables

Si Dieu (ou la divinité) régit le monde par l'intermédiaire de sept forces créatrices, ces forces ont leurs correspondances dans les planètes, et les planètes dans les sept lettres doubles de l'alphabet hébraïque. Cette nomination double est tout à fait remarquable, car elle porte en elle-même la qualité et le défaut, le plus et le moins, Dieu et le diable. Donc, pour nous, les humains, les planètes paraissent tantôt comme la Providence divine, tantôt comme la force diabolique, et il est intéressant de noter qu'aux yeux du voyant et du mystique, les puissances planétaires supérieures apparaissent sous deux aspects : sous l'aspect subjectif - comme influence -, et sous l'aspect objectif - comme des formes divines ou diaboliques. Souvent une même puissance planétaire est représentée par plusieurs formes, parfois opposées l'une à l'autre et contradictoires…La dépendance du diable (ou des diables) des sept planètes est affirmée avant tout par l'Apocalypse par l'image d'un monstre à sept têtes. Ensuite, elle est précisée par plusieurs mystiques et théosophes. « Le diable émeut la colère », dit J.-G Gichtel : « selon les sept formes de la nature dans l'homme : tantôt en Vénus, par des pensées impures, tantôt en la Lune en nous insinuant que la perfection n'est pas de ce monde, soit en faisant se dresser l'âme dans la propriété de Mars, par le feu du Moi, soit par Jupiter, de sorte que l'âme s'empoisonne elle-même ; avec le Soleil, il l'occupe d'imaginations et de fantaisies étrangères ; avec Saturne, elle doute de Dieu et par Mercure il lui donne une fausse confiance en lui… »… On sait que les Sept Archanges du Christianisme correspondent aux sept planètes des Anciens. Maintenant, il nous faut préciser que les archanges n'incarnent que le côté « bénéfique » de l'influence astrale, et le côté « maléfique » est représenté par les diables. Il ne faut pas s'étonner de cette représentation : l'influence de chaque planète peut être considérée comme une échelle, dont le degré inférieur est occupé par le diable, et les degrés supérieurs par les esprits lumineux (archanges, anges, génies, etc.). Le nombre sept paraît comme un nombre d'extrême importance dans toute l'Antiquité, mais il ne faut pas penser que tous les symboles se rapportant à une planète quelconque sont identiques ; souvent ils reflètent les degrés différents de l'échelle astrale.. Ces sept diables s'associent avec les sept archanges dont ils sont les complémentaires. Les uns, comme les autres, sont les polarités d'une seule chose : les planètes. Les vertus capitales dirigées par les archanges s'opposent aux péchés capitaux - influences diaboliques - ; mais les vertus et les vices sont les modalités différentes d'une même sssence sidérale. Les diables et les péchés sont la suite logique des archanges et des vertus, leur prolongation ténébreuse, pour ainsi dire, comme on le voit dans ce tableau…


Les diables, comme les dieux planétaires de toutes les religions, se rattachent à ces mystérieuses formes planétaires dont nous avons parlé plus haut. C'est de son psychisme, de l'intérieur de lui-même, que l'homme a tiré ces formes hideuses, terrifiantes qui personnifient les bas-fonds de l'influence astrale. La réalité des diables ne provient que de la réalité de ces influences planétaires ténébreuses, - ce qui n'exclut nullement l'existence des entités infra-humaines. (pages 40 à 71)

Les correspondances universelles

L'Hermétisme, devenu de nos jours l'Occultisme, est basé avant tout sur une série de correspondances qui lient les entités invisibles (les génies planétaires et zodiacaux), les astres, les métaux, les plantes, les animaux, les couleurs, les sons, les nombres, etc., transformant ainsi tout ce qui se trouve dans l'univers en compartiments allant du plus petit au plus grand à travers les espèces, phénomènes et divisions par genre naturel. Comme l'Astrologie est, par excellence, la science des correspondances et des analogies (conservées même dans l'Astrologie dite scientifique qui prétend cependant n'avoir rien de commun avec l'Occultisme), il me semble indispensable d'essayer d'approfondir le principe même de quelques-unes de ces correspondances que l'Astrologue manie le plus souvent sans réfléchir. Les Anciens avaient visiblement une sorte de « sixième sens » qui leur permettait la vision directe et, probablement, infaillible de ces « correspondances » et « affinités ». Ce sont eux qui nous ont légué ces listes parfois contradictoires des rapports entre les planètes et les signes du Zodiaque, d'un côté, et toutes les choses terrestres de l'autre côté… Plus on s'approche de notre époque ou, autrement dit, on s'éloigne du temps où la perception intérieure des planètes était courante, plus les erreurs deviennent faciles et les attributions sujettes à caution. Ainsi, nous sommes obligés aujourd'hui de réfléchir sur chaque correspondance, de l'examiner à l'aide de tout notre savoir, de passer des heures à vérifier les choses que les Anciens pressentaient spontanément comme des personnes fortement intuitives « sentent » leurs nouvelles connaissances. (pages 77 et 78)

Le langage et l'Astrologie

Les astrologues se complaisent souvent à énumérer les mots de provenance astrologique, comme : jovial (de Jupiter) martial (de Mars), désastre, mercanti (de Mercure, dieu et astre des commerçants et des fripons à la fois), héliotrope (plante d'Hélios, c'est-à-dire du soleil), sélénite : les expressions comme mal luné, caractère lunaire, et les noms propres reflétant le monde astral et ses influences, comme Montmartre (Mont de Mars), Venise (dérivé de Vénus), Marseille (dérivé de Mars), etc. Mais les rapports du langage et de l'Astrologie sont beaucoup plus intimes et profonds que tous ces mots et expressions dont la plupart ne font que refléter la croyance à l'influence des astres qui jadis était aussi universelle que la croyance au monde invisible et supérieur à notre sphère terrestre. Chaque langue, tout en formant un système cohérent et ordonné, doit avoir des correspondances astrologiques qui l'ordonnent en quelque sorte et la mettent en harmonie avec l'univers tout entier, mais si ces correspondances sont oubliées en Occident, elles sont encore vivaces en Orient. (pages 82 et 83)

L'Astrologie et l'histoire

Les historiens et les archéologues sont souvent troublés par les descriptions symbolistes des faits et par les narrations qui obéissent à d'autres soucis que celui de la « vérité historique ». Ils oublient que de Platon et Démocrite jusqu'à Roger Bacon et Raymond Lulle, on n'eut jamais imaginé qu'une physique, une métaphysique, une éthique et une histoire pussent se passer d'un fondement cosmologique. La réalité historique était à leurs yeux plus dans le déroulement cyclique, céleste, astrologique que dans les petits faits qui attirent nos historiens rationalistes d'aujourd'hui. Nous avons aujourd'hui plusieurs manières de présenter l'histoire, mais si les auteurs contemporains trouvent tout naturel que le point de vue économique, par ex., ne coïncide pas toujours avec l'histoire militaire ou des institutions, ils n'imaginent plus qu'on puisse présenter le développement de l'humanité ou d'une de ses parties par des raccourcis astrologiques. Pourtant, ce dernier point de vue, plus synthétique, était celui de toute l'Antiquité. (page 105)

Le temps

Pour les Anciens, le temps n'était pas une fiction physique, mais une réalité spirituelle, ou plutôt l'ensemble des entités vivantes. Les Gnostiques ont donné à ces entités le nom d'Eons, et il faut insister sur le fait que ce nom s'applique avant tout à des entités et non à des périodes de temps. Leur conception faisait des cycles, des esprits vivants et individuels passant sur la terre et le Cosmos comme les ombres chinoises sur un mur. Un premier Eon agit, et l'action qu'il exerce est reprise par un second qui, après avoir déployé sa force, est à son tour relevé par un troisième, etc… Ce n'est que très tard que le concept abstrait de temps s'est lié à l'idée d'un Eon qui, dans son sens primitif, veut dire quelque chose de vivant, d'existant. Le mot hébreu Yon désigne également la même entité spirituelle, réelle. Dans presque toutes les langues, il y a une parenté entre Deus (Dieu) et dies (jour). Les Archées, les esprits du temps, les jours bibliques, les jours et les nuits de Brahma, pour ne citer que les choses les plus connues, se rattachent à cette conception du temps vivant. D'ailleurs, dans la conception ancienne, l'univers, les Astres, tout est vivant, tout vibre d'une vie intérieure. Comment le temps pourrait-il échapper à cette vie spirituelle universelle ? (page 118)

Le processus de l'initiation

Il y aurait beaucoup de choses à dire, aussi bien au sujet du processus initiatique qu'à celui du symbolisme des points cardinaux qui se rattache à son tour à celui des éléments. Certaines traditions affirment que le but de l'initiation est « la rupture du Zodiaque », c'est-à-dire la sortie de l'individu du joug astral auquel nous sommes assujettis, et il est logique et normal que, pour parvenir à ce but, il faille suivre les étapes du symbolisme zodiacal… En attendant, ce qu'il faut signaler, c'est, d'un côté, l'universalisme des points cardinaux, et, de l'autre, leur « divinité », complètement oubliée de nos jours. Celle-ci n'est pas une « superstition », mais une réalité spirituelle et tangible, et cette réalité divine est un des fondements de l'Astrologie Esotérique. « Brahma est au Nord, au Sud, à l'Est, à l'Ouest », clame une Upanishad, tandis que le Christianisme, comme le Judaïsme et l'Islam, placent les anges aux points cardinaux, - ce qui semble par moment embarrasser nos prêtres « progressistes ». La reconnaissance de ces « anges » ou « forces supérieures » des points cardinaux est un des premiers pas sur le chemin de l'Esotérisme et de l'Astrologie. (pages 127 et 128)

De l'exotérisme à l'ésotérisme

L'Esotérisme de l'Astrologie se base sur les mêmes facteurs (planètes et signes) que les rudiments de cette science. Il résulte de l'étude approfondie de ces facteurs. Au bout d'un certain temps, chaque astrologue s'aperçoit soudain qu'il a quitté le domaine exotérique et se trouve au-delà de la triple enceinte de l'Esotérisme. On passe la porte étroite séparant ces deux régions sans s'en rendre compte, exactement comme les gens qui se glissent imperceptiblement sur le chemin du vice ou de la sainteté. La frontière entre l'Exotérisme et l'Esotérisme ne peut être tracée. Le moyen de venir à bout des arcanes de l'Astrologie, ce n'est pas de les déchiffrer, pour ainsi dire, du dehors. Le meilleur moyen de pénétrer un fruit, ce n'est pas de le peser ou l'étudier au microscope, mais de le manger. Pour l'Astrologie, c'est la même chose. Il faut la manger et la digérer. Il faut la vivre quotidiennement, la méditer jour et nuit, et celui qui s'adonne à elle de tout son être, saisit son Esotérisme comme un initié saisit le secret incommunicable. (pages 169 et 170)

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