Comment choisir un professeur d’astrologie ?

Comment choisir un professeur d’astrologie ?

Vous souhaitez suivre des cours d’astrologie. Que ce soit en direct (si vous habitez une grande ville) ou par la Toile, les offres sont nombreuses. Puisque l’enseignement consiste à transmettre le message des astres, le professeur doit faire preuve de qualités humaines, de qualités pédagogiques, et d’une large connaissance de son sujet.

 

Les qualités humaines

 

Il doit faire preuve de savoir-vivre, d’élégance et d’attention envers ses collègues et ses étudiants.

 

1. Le bon professeur est toujours en recherche. Il sait qu’il ne détient aucune vérité définitive. Il accepte les questions de ses étudiants, les remises en question qu’elles impliquent. William Lilly (1602-1681), un expert, avait titré son chef-œuvre « Christian Astrology modestement traitée en trois livres »… Et il l’avait signé : « William Lilly, étudiant en astrologie ».

 

Il convient évidemment de fuir le (ou la) gourou-te qui affirme être détenteur-trice de la vérité, qui estime que toute personne en désaccord avec lui (elle) « n’est pas assez évoluée pour comprendre ». Il va sans dire que l’étudiant sain d’esprit fuira tout « professeur » qui déverserait sa bile contre les collègues et les approches qu’il ne partage pas. Cela relève d’ailleurs du simple savoir-vivre. Les amateurs de « buzz » sur les réseaux sociaux seront déçus en constatant que les victimes de ces comportements ne réagiront pas. S’il s’agit de critiques confondant les idées et les personnes, le vrai professeur d’astrologie préférera consacrer son temps à progresser par sa recherche personnelle et les échanges avec ses collègues sérieux. S’il s’agit d’insultes ou d’invectives, ne comptez pas sur lui pour répondre ; il lui faudrait trop s’abaisser.

 

 2. Le bon professeur fait preuve de modestie et d’humilité. Lucide, il sait qu’il n’est qu’un maillon d’une longue chaîne. Il finira par passer. Ce qu’il sait, il l’a appris de ceux qui l’ont précédé tout en l’enrichissant de son expérience. Comme l’écrivait Bernard de Chartres (1070-1130),

 

« Nous sommes des nains juchés sur les épaules de géants ; nous voyons plus qu'eux, et plus loin ; non que notre regard soit perçant, ni élevée notre taille, mais nous sommes élevés, exhaussés, par leur stature gigantesque. »

 

3. Le bon professeur sait rire de lui-même. Quand ses étudiants rient de ses marottes (nous en avons tous !), il rit de bon cœur avec eux. C’est le meilleur antidote à l’esprit de chapelle qui conduit inéluctablement à la stérilité.

 

Les qualités pédagogiques

 

L’astrologue expérimenté sait que « sa » méthode est celle qui, à cette étape de son existence, lui permet le plus aisément de décrypter le message des astres. Elle est le langage dont le vocabulaire (signes, maisons, planètes, etc.) et la grammaire (la méthode d’interprétation) conviennent le mieux à son tempérament et à ce moment de sa vie.

 

Or, nous avons tous les neurones disposés de façon différente. Ce qui se traduit par des tournures d’esprit et des talents différents. Progressivement, par tâtonnement, chaque étudiant découvre le type de langage (le type d’astrologie) qui le dispose à lire le message des astres dans les meilleures conditions. Le Centiloque, jadis attribué mais écrit par l’arabe Ahmad ibn Yusuf, mort en 912, ne dit-il pas :

 

« Celui qui est habile à quelque chose quelle qu’elle soit aura certainement aussi l’astre qui signifie cette chose, grandement puissant en sa naissance. »

 

Par conséquent, l’étudiant accompli finira par utiliser un langage qui n’est jamais exactement celui de son professeur. Le bon professeur se réjouit de ne pas faire des copiés-collés de lui-même. Il entretient un climat par lequel l’étudiant advient librement. Le mouvement ne s’effectue pas du haut (le professeur) vers le bas (l’étudiant) ; il se fait de l’intérieur (de l’étudiant) vers l’extérieur.

 

Les qualités astrologiques

 

La « tradition » n’est pas le traditionalisme. La tradition, c’est, comme l’indique l’étymologie, la transmission. Mais ce n’est pas la transmission de n’importe quoi. C’est la transmission du vrai et du beau. C’est la transmission de ce qui a réussi séculairement. Le laid et ce qui n’a pas réussi finissent par se perdre dans les limbes de l’histoire. Imagine-t-on un professeur de musique qui n’aurait jamais écouté Mozart ou Beethoven ? Non pour copier Mozart et Beethoven, mais pour poursuivre l’aventure de la musique de façon saine, en ayant assimilé (et non refoulé) l’héritage.

 

Pire encore : imaginerait-on un professeur de musique qui déconseillerait à ses étudiants d’écouter Mozart ou Beethoven ? Il est une chose que ses étudiants sérieux, ceux qui méritent mieux, n’oseront pas lui avouer de peur de s’attirer ses foudres : ils écoutent Mozart et Beethoven, mais en cachette…

 

En conclusion

 

Selon Paracelse (1493-1541),

 

« L’Astre pousse l’homme vers plus d’intelligence, plus d’art, plus de sagesse » (XII, 62/63).

 

Cela doit se traduire d’une façon ou d’une autre chez le bon professeur d’astrologie.

 

Il m’est impossible de donner une liste des « bons » professeurs d’astrologie. Je ne les connais d’ailleurs évidemment pas tous. Mais dans la seule France, j’en connais une bonne douzaine, tous courants confondus. Nul doute que l’étudiant sagace saura rencontrer l’un ou l’autre d’entre eux, que ce soit par l’intermédiaire d’un livre, d’une revue, ou mieux encore, en ayant dîné à sa table lors d’un colloque ou d’un séminaire.

 

Denis Labouré

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