François de Bonatis : De l'influence des révolutions


L'on appelle révolutions particulières celles qui correspondent à chaque individu. Ainsi, la révolution n'est rien d'autre que le retour du Soleil à la position zodiacale où il se trouvait lors de la naissance. Elle a une grande importance tant du point de vue théorique que du point de vue pratique. La raison en est que le Soleil a une grande influence dans la zone terrestre et donne une très grande force au dit lieu de la nativité. C'est pourquoi lorsqu'il y revient, il réveille la première impression si bien que l'on peut dire de la révolution qu'elle est une nouvelle nativité, en dépendance pourtant de la première. Elle influe par les aspects qu'elle contracte au moment où elle se produit, et si ces aspects sont par quelque manière en rapport avec ceux de la nativité,; ils ont une très grande influence sur le natif. Cependant, si les aspects ne sont pas en accord avec ceux de la nativité, ils peuvent néanmoins produire un certain effet. Lorsque les directions expriment successivement le premier aspect radix, les révolutions solaires ne peuvent les détruire. D'où il découle que si une direction annonce quelque chose de favorable et si l'effet produit n'est pas aussi fort qu'on le pensait, ceci provient des effets contraires produits dans la révolution par les aspects et les positions des planètes tant dans le Zodiaque que dans le monde comme l'atteste Origanus. Il est donc évident que les révolutions peuvent augmenter ou diminuer la force des directions.

Aussi, bien que François Bacon, homme très illustre; ait dit qu'il n'est pas nécessaire de calculer très exactement la position du Soleil pour ériger les révolutions solaires, nous pensons cependant selon l'avis commun des maîtres, qu'il faut au contraire la calculer avec beaucoup d'exactitude. De plus, comment obtenir la vraie position d'une planète si l'on s'appuie sur une connaissance approchée du temps? Bien plus, ce qui est encore plus important, comment calculerons-nous une position dans le monde puisque pour un petit intervalle de temps nous pouvons avoir de très grandes erreurs à cause du mouvement diurne ? Si nous ne serrions pas de près la question du temps, nous pourrions estimer que le Soleil ou les autres planètes se trouvent en IVe aussi bien qu'en Ve, or la position en maison a une très grande importance.

C'est ce que chante Fracastas:

C'est d'abord le brillant soleil et tous les astres qui agitent et transforment la terre, les vents liquides et les eaux de la mer. Mais bientôt les astres du ciel échangent leurs places et abandonnent leurs premiers séjours. De même les vastes éléments revêtent des modes différents.

Puisque la variété des configurations provoque des variations très sensibles, il est donc nécessaire de calculer le temps avec autant de précision qu'il nous est possible pour dresser la révolution du Soleil à sa position de naissance, à la manière dont les maîtres l'enseignent. Puis de s'en servir pour faire des pronostics modérés, sans passion et sans témérité.

Tout ce que l'on enseigne au sujet des profections mensuelles et annuelles est absolument imaginaire. On veut en effet que si le soleil se trouve la première année par exemple dans la seconde partie du signe, il se trouve la seconde année dans la seconde partie du signe suivant: ce qui fait un intervalle de 30°. Comment fait-on pour faire correspondre cette quantité à une année? Argole s'étonne que des anciens éminents se soient servi de ces profections, comme il n'a trouvé aucune part qui ait pu les vérifier. Voici ce qu'il dit:

«Nous nous étonnons toujours beaucoup que les grands maîtres de l'astrologie, autrefois, aient tant estimé ces profections, principalement dans les révolutions solaires mondiales», puis il ajoute un peu plus loin: «d'autant plus que Ptolémée les a très minimisé comme mode de division du temps, les résultats si magnifiques qu' on leur assigne n'ont pu être vérifiés».

C'est ce que confirme Placide de Titis. Il est, peut-être, une autre raison à ces perfections de l'avis de l'auteur cité, celle qui se trouve dans les lunaisons intercalaires qui suivent le jour de naissance, comme il l'enseigne dans son « Primum mobile » c. 40. Cependant nous devons nous en tenir aux directions et aux révolutions comme plus certaines et plus importantes. De même les révolutions lunaires qui permettent de déterminer le moment des accidents, ainsi que dit Argole dans son «Primum mobile» c. 19. Mon avis est de donner le pas aux révolutions lunaires, je veux dire celles dressées pour le moment où elle revient à sa place de naissance parce que de l'avis de l'auteur, elle accèderait davantage à la direction ou lui correspondrait par ses quadratures et ses aspects pour mettre l'effet en lumière; les aspects cosmiques doivent être considérés avec soin car ils permettent de prédire des événements qui se produisent rapidement et qui principalement apparaissent dans nos journaux.

François de BONATIS.
(Traduction de Mlle CHANTALOU et J. HIÉROZ.)

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