Le Comte Henry de Boulainviller (1658-1722)


Il faut observer en plus qu'en cette naissance, de tous les planètes qui occupent la VIIe Maison, il n'y a que Saturne qui soit dignifié, et que tous les autres y sont dans leur chute, sans parler de l'état de Mercure, et de là il s'ensuit que le né sera infortuné dans le mariage, dans les procès, dans les contestations qu'il pourra avoir; qui'il aura des ennemis, mais que ces ennemis mourront avant lui, aussi bien que sa femme; le tout sans que le né puisse se flatter d'en être plus heureux, quoiqu'il soit de règle de juger que, dans une telle disposition, Saturne donne sa force au Soleil et qu'il relève par conséquent le tempérament et donne la patience pour soutenir les grandes adversités auxquelles une semblable naissance le destine. C'est donc en cette manière qu'il faut juger dans une telle constitution: 1° par le Seigneur de la Maison; 2° par celui qui s'y trouve le plus dignifié; 3° par les circonstances de son état et de sa position. (Traité d'Astrologie p. 34, 35)

Lorsque plusieurs planètes se trouvent en même Maison et que leur dispositeur est en une autre, la règle générale veut que l'on juge des premiers par le second, principalement s'il est puissant ou s'il jette quelque regard sur la conjonction dont il s'agit, ou du moins dans la proximité de l'angle, puisqu'alors les premiers effets doivent suivre sa détermination. Ainsi dans l'exemple dernier, où le Soleil est proposé au 28e degré de la Balance, en la VIIe Maison, avec Mars et Saturne conjoint au 22e degré du même signe, il a déjà été observé que Saturne donne sa force au Soleil, mais qu'il n'en donne que ce qu'il en a; de sorte que l'on est contraint de recourir au Seigneur du signe, qui est Vénus, laquelle se trouvant proche du Mileur du Ciel sous l'aspect favorable de son Seigneur qui est Jupiter, donne de l'éclat au mariage sans en augmenter la satisfaction, d'autant qu'elle est placée en la IXe Maison. (Idem p. 36, 37)

On peut encore tirer une autre règle du même principe, savoir que si le Soleil ne se rencontre sur la ligne d'aucun des angles, ses rayons puissants à l'Orient ou au Milieu du Ciel peuvent servir de rectificateur. Mais, dans ce cas, comme cette espèce de rectification est beaucoup plus faible, et qu'elle ne peut, pour ainsi dire, avoir d'effet qu'à la suite d'une autre plus forte; on peut toujours prononcer que l'accouchement a été difficile, et que l'enfant ayant eu peine à soutenir l'effet de cette cause n'a commentcer à prendre l'air que sous le favorable aspect du Soleil qui lui a succédé. C'est ce qui est arrivé à ma propre naissance, étant né sous un aspect trine du Soleil à l'Occident, à la suite du passage de Vénus par le Méridien, et de la Lune sur l'Occident, et au bout d'un travail extraordinaire de ma mère. (Idem p. 106)

... Supposant qu'un Mercure placé géocentriquement dans la VIIIe au Scorpion, avec la Balance australe, et un carré de Jupiter transporté dans la première avec l'aile de Pégase, sous le trine de Jupiter héliocentrique, il faudra dire que le caractère de l'esprit, déterminé en apparence par la VIIIe Maison sera réellement tel que que la Ire le désigne, et qu'à raison des fixes auxquels Mercure est joint, il y aura quelque fond d'esprit et de connaissances, avec un grand talent de mémoire. (Idem p. 175)

J'ai moi-même éprouvé que la direction du Soleil au trine de la VIIe Maison radicale de ma naissance m'a fait passer à un second mariage après quinze années de viduité. Et je répète à cette occasion que je n'entend pas que ce soit la VIIe qui ait été en état de fournir quelque force au Soleil, mais qu'au contraire je l'entends de ce que le Soleil étant parvenu au degré d'où il pouvait frapper de trine ma VIIe radicale, et mon Ascendant de Sextile, il a fourni à l'un et l'autre assez de force pour produire un mariage. (Idem p. 235)Il y a un grand nombre d'aphorismes spéciaux sur cette matière, pour la connaissance desquels je ne ferai point de difficulté de renvoyer les lecteurs aux auteurs qui en ont traité, me contentant de rapporter celui dont j'ai moi-même été la victime, ayant perdu mes enfants dans l'age de leur adolescence, et lorsque je me croyais le plus assuré de les voir marcher dans le chemin de l'honneur et de la vertu. Ce cruel aphorisme consiste dans la position des maléfiques, du Soleil et de Mercure dans l'Occident, à quoi ma naissance joint de plus la position de Jupiter et de la Lune dans la VIe Maison, disposition que je n'avais jamais considérée sans trembler de la crainte de l'évènement dont elle me menaçait. (Idem p. 244)

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