Les sciences hermétiques



De nombreux praticiens des médecines naturelles n'ont aujourd'hui jamais entendu parler de ces correspondances. Je vous propose donc ces critères qui permettent, instantanément, de connaître la planète dont relève chaque plante.

A quelle planète correspond cette plante ?

Saturne : les plantes de Saturne ont des feuilles sèches, chevelues et des fleurs vert sombre, blanc sale ou rouge pâle. Leur goût est aigre, acide et leur odeur désagréable. Elles sont constipantes, calmantes, et agissent sur la peau et les os. La jusquiame a des feuilles vert grisâtre cotonneuses, les fleurs sont jaune terne aux veines pourpres. Son odeur est lourde et offensive. En emploi externe, elle traite la goutte et les rhumatismes, mais son emploi interne est toxique. Les arbres de Saturne ont l'écorce grosse, âpre et rude.

Jupiter : les plantes de Jupiter sont douces et astringentes, avec des goûts et des odeurs agréables. Les feuilles pointues et douces sont grises ou bleu-vert. Beaucoup, comme le pissenlit ou l'aigremoine, sont bénéfiques pour le foie. Le nom latin de la sauge, salvia (de salvus, sauf), évoque son pouvoir curatif.

Mars : les plantes martiennes sont épineuses, toxiques et suscitent les larmes, comme l'oignon, ou des gonflements, comme l'ortie. Les feuilles à longues pointes emportent la bouche. Les racines sont fibreuses et rampantes. Elles poussent dans des lieux secs et ont une odeur âcre et oppressante. Les plantes de Mars sont chaudes, sèches et stimulantes. On les utilise souvent pour les troubles musculaires. Le poivre de Cayenne stimule la circulation, aide à vaincre les rhumatismes et les engelures. L'ail relève de Mars.

Soleil : les plantes solaires ont un goût vif mêlé de douceur. Leurs fleurs dorées évoquent le Soleil. Leurs feuilles sont grasses et leurs racines profondes. Leur odeur est âcre et agréable. Elles renforcent la vitalité et la vue. Selon l'herboriste Culpeper (1610-1654), le souci, en correspondance avec le Soleil en Lion, « renforce et conforte le cœur ». Les plantes solaires ont le pouvoir de repousser le poison, les démons et la foudre. La grande chélidoine a des fleurs d'or. Si vous cassez la tige, un jus doré éclatant s'en écoule.

Vénus : les plantes de Vénus sont nourrissantes et émollientes. Elles agissent sur les reins, les veines, la gorge et les organes génitaux. Leur goût est doux, onctueux et délicieux. Les épices doux et les fruits en relèvent. Culpeper attribue la mûre à Vénus en Bélier et écrit « si quelqu'un demande pourquoi Vénus est si épineuse, dites-lui qu'elle est dans le domicile de Mars ». Les plantes de Vénus ont de grandes feuilles et des fleurs blanches ou bleues agréables. Leurs racines sont superficielles et leur odeur est subtile. Le tussilage répond à ces critères. Les feuilles sont grandes, les racines petites, mais les fleurs sont jaunes. L'odeur est douce et subtile et cette plante est apaisante pour les poumons. La verveine est attribuée à Vénus. Culpeper décrit ses pouvoirs pour renforcer et épurer la matrice. Son usage dans le traitement des reins renforce la correspondance avec Vénus.

Mercure : les plantes de Mercure ont des feuilles et des fleurs très diverses, des racines qui s'étendent loin, une odeur rafraîchissante et pénétrante. Leur goût est variable et curieux. Leur utilisation ôte les obstructions. Elles agissent sur le système nerveux. Le persil, la réglisse et la lavande sont bien connus. Tous ont des odeurs et des goûts distincts. Le persil ouvre les obstructions du foie et de la rate, dégage le passage pour l'urine et brise les calculs. La réglisse est laxative. La lavande débarrasse des maux de tête occasionnés par les tensions nerveuses.

Lune : les plantes lunaires sont rafraîchissantes et calmantes. Elles régularisent les fluides du corps et favorisent la digestion. Elles ont un goût humide, insipide et une odeur terreuse. Leurs fleurs, pâles, sont jaunes ou vertes. Leurs feuilles sont arrondies, pâles et grasses, comme pour la laitue ou le mouron blanc, ou foncées aux veines fortement marquées, comme pour le chou. Fréquemment, les plantes lunaires poussent près de l'eau et elles pourrissent facilement. Le groseillier à maquereau est une plante lunaire excellente pour épurer le système lymphatique, régi par la Lune. Comme plantes lunaires, citons la courge, le concombre, le melon, la pastèque, la laitue, l'endive.


Le pouvoir de la musique


Pour les anciens, la musique n'avait pas pour mission de plaire. Elle n'était pas objet de relaxation. Ils distinguaient sept sons fondamentaux, sept voyelles, correspondant à la « vibration » de chaque planète.

Chaque son possède une puissance qui lui est propre. Aussi le musicien les agençait pour qu'ils produisent un effet déterminé. En agençant ces sons d'une certaine manière, il était possible d'invoquer les dieux.

Lisons ce qu'écrit le musicographe pythagoricien Nicolas de Gérose (IIe siècle de notre ère) : « Les sons de chacune des sept sphères produisent un certain bruit : à ces sons l'on a donné les noms des voyelles. Ce sont là des choses inexprimables par elles-mêmes chez les savants. Le son a ici la même valeur que l'unité en arithmétique, le point en géométrie, la lettre alphabétique en grammaire. Si ces choses sont combinées avec des substances matérielles, telles que sont les consonnes, de même que l'âme est unie au corps et l'harmonie aux cordes, elles réalisent des choses animées, celles-ci des tons et des chants, celles-là des facultés actives productives des choses divines. Voilà pourquoi les théurges, lorsqu'ils honorent la divinité, l'invoquent symboliquement avec des poppsymes (claquement des lèvres) et des sifflements, avec des sont inarticulés et sans consonnes. »

Dans le traité sur l'élocution, Démétrius de Pholia dit qu'en Egypte les prêtres célèbrent les dieux au moyen de sept voyelles en les chantant de suite, et à la place d'une flûte ou d'une cithare. Les voyelles prennent la place de notes musicales correspondant à la lyre à sept cordes d'Orphée.

Selon les initiés, plus l'orbite était vaste, plus la course de la planète était rapide, plus le son correspondant était aigu. Ainsi Saturne (Chronos) eut « omega », le son le plus aigu, et la Lune (Selené) le son le plus grave « alpha ». Mercure (Hermès) ayant « epsilonn », Vénus (Aphrodite) « êta », Soleil (Helios) « iota », Mars (Arès) « omicronn » et Jupiter (Zeus) « upsilonn ».

Cherchez dans un dictionnaire comment se prononce chacune des voyelles de l'alphabet grec. Puis n'hésitez pas à tenter quelques expériences pratiques !

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