Paracelse et l'astrologie


Mal vu bientôt de ses confrères, incriminé dans une contestation d'honoraires par un chanoine de la cathédrale, il quitte Bâle en 1528. Reprenant alors sa vie de médecin nomade, il va de cité en cité, enseignant, observant, souvent persécuté. C'est en cette période, entre 1537 et 1540, qu'il publia les principaux de ses ouvrages. Il finit ses jours à Salzbourg, traîtreusement empoisonné, alors qu'il était « ivre et endormi », nous rapportent les textes !

Les médecines alternatives, de l'homéopathie aux élixirs floraux, doivent beaucoup à Paracelse. Cela est du à sa parfaite maîtrise des sciences hermétiques (astrologie, alchimie, haute-magie). Dans ce petit article, concentrerons-nous sur l'astrologie. Je m'aiderai de l'introduction de Lucien Braun au livre de l'astrologie, Presses Universitaires de Strasbourg, qui reproduit des textes astrologiques de Paracelse.

Qu'est-ce que le Ciel ?

Dans l'œuvre de Paracelse, le Ciel ne désigne pas un lieu. Il nomme « Ciel » l'ensemble de la puissance invisible qui fait que le monde, que nous voyons, est ce qu'il est. Avec les yeux, nous ne pouvons pas voir ces forces elles-mêmes. Ce qui ne veut pas dire qu'elles n'existent pas !

Car ces forces célestes, n'importe quel esprit sensé les voit à l'œuvre dans la nature. C'est grâce au Ciel et à ce qu'il en tire que le poirier fait pousser les feuilles, les fleurs et les fruits. Le Ciel fait surgir du grain de blé l'épi dont nous tirons le pain.

Partout, nous voyons la force en train de produire, de faire-être, de faire-paraître les formes et les choses. Nous voyons l'invisible puissance à l'œuvre dans tout ce qui paraît, dans le plus modeste des brins d'herbe, dans la force efficace du remède.

Le Ciel est une réserve spécifique de puissance. Il est à la fois les forces et le lieu où s'exercent ces forces. Ces forces s'entrecroisent, concordent, s'accordent, s'opposent. Le Ciel est le lieu d'une lutte incessante de puissances multiples. C'est une réserve illimitée de forces invisibles qui habitent et travaillent le monde visible. Le Ciel fait mûrir, comme il fait périr, comme il fait renaître, toujours de façon invisible. A la manière du Soleil, dit Paracelse, qui fait s'épanouir la fleur sans avoir de mains. Ou de l'aimant dont la force invisible attire le fer.

Astronomie et astrologie

Pour Paracelse, l'astronome est un savant observateur. Mais il ne cherche pas à atteindre la réalité. Il ne décrit pas ce qu'est le ciel, il décrit comment il fonctionne. Il « sauve les phénomènes ».

Le rôle de l'astrologie, par contre, est d'atteindre la réalité non visible des choses. L'astrologue laisse le Ciel agir en lui. Il lui donne libre cours. Il allume en lui la lumière qui permet de voir ce que les yeux de chair ne sauraient voir. Le véritable astrologue voit la force sidérale dans la plante, dans l'animal, dans l'homme. C'est cette puissance que le médecin, s'il est aussi astrologue, voit agir, se développer ou être inhibée dans le malade. L'astrologue doit se laisser instruire par l'astre. Il doit se laisser saisir par lui. Pour prolonger Paracelse, je pourrais dire que l'interprétation d'un thème est réussie quand l'astrologue lâche prise.

Partager ce contenu